Pendant des heures, les sismomètres du Piton de la Fournaise ont vibré sans relâche. Ce samedi 24 octobre, les habitants de La Réunion ont appris que le volcan veillant sur le sud-est de leur île pourrait se réveiller d’un moment à l’autre. Selon la préfecture, une éruption est désormais jugée “probable à très brève échéance”, dans les prochaines minutes ou heures.
Le signal qui a déclenché l’alerte est intervenu en fin d’après-midi. Dès 16h30 (14h30, heure de Paris), les instruments de l’Observatoire volcanologique du Piton de la Fournaise ont enregistré une “crise sismique”. Dans un communiqué, les autorités précisent que “le préfet a décidé de déclencher la phase d’alerte niveau 1 ‘éruption probable ou imminente’ du dispositif spécifique ORSEC Volcan (organisation de la réponse de sécurité civile) à compter de ce jour à 17h”. Une précision susceptible de rassurer les automobilistes de l’île : la route nationale située en contrebas du volcan reste ouverte à la circulation.
Du côté des scientifiques, on temporise. L’Observatoire volcanologique du Piton de la Fournaise a annoncé que la crise sismique enregistrée ce jour, entre 16h09 et 17h03 heure locale, “est terminée”. Le bilan reste impressionnant : 146 séismes sommitaux et des déformations de la zone sommitale ont été relevés en une heure, “témoignant d’une intrusion magmatique vers la surface”. Mais, souligne l’Observatoire, “le magma n’a pas atteint la surface : sa progression s’est arrêtée en profondeur”. Le réservoir reste sous pression et aucune hypothèse n’est écartée pour la suite. Une telle intrusion peut parfois précéder une éruption de quelques jours ou semaines, comme lors des deux dernières éruptions en janvier et février-avril 2026.
Pour les Réunionnais, ces épisodes ne sont pas une abstraction. Ce volcan, considéré comme l’un des plus actifs au monde, avait déjà craché sa lave à deux reprises au début de l’année, après deux ans et demi de sommeil. Le 13 mars, la lave avait notamment franchi la RN2 avant de gagner l’océan Indien quelques jours plus tard. La rencontre entre la roche incandescente et l’eau avait donné naissance à une plateforme large de plus de 8 hectares, avec une avancée de près de 200 mètres sur l’océan, faisant littéralement naître de nouvelles terres sur le littoral.
Ces éruptions réunionnaises ont par ailleurs une particularité qui limite en partie le danger pour les populations : elles sont qualifiées d’effusives ou de type hawaïen. La lave s’écoule en majeure partie sur la surface du volcan, à la différence des éruptions explosives qui crachent des nuages de cendres haut dans le ciel.
Le poste d’écoute reste donc ouvert pour les habitants de l’île. Alors que la préfecture maintient son alerte, la question n’est plus de savoir si le Piton de la Fournaise va gronder à nouveau, mais quand. Pour plus de détails, TF1 Info revient sur cette éruption jugée “probable à très brève échéance” : https://www.tf1info.fr/environnement-ecologie/la-reunion-volcan-eruption-du-piton-de-la-fournaise-jugee-probable-a-tres-breve-echeance-2471790.html