Climat social : l'UNSA réclame des actes au Gouvernement

Climat social : l'UNSA réclame des actes au Gouvernement

Le syndicat juge la mise en œuvre des réformes trop lente et réclame des mesures concrètes

L’UNSA a réaffirmé ses profondes inquiétudes lors d’une récente rencontre avec le Premier ministre au sujet de la dégradation du climat social en France. Le syndicat estime que le Gouvernement peine à traduire ses engagements en actions concrètes. L’apaisement durable exige une écoute active, un dialogue sincère et des réponses opérationnelles aux revendications des jeunes, des salariés, des agents publics et des retraités. Les alertes et les mobilisations se multiplient depuis des mois. Pourtant, l’UNSA déplore l’absence de réponses concrètes à ces pressions sociales croissantes.

L’organisation syndicale met en lumière plusieurs chantiers de réforme dont la mise en œuvre est jugée insuffisante ou trop lente. Concernant la jeunesse, les mobilisations des lycéens et des étudiants témoignent d’un malaise profond face à l’avenir. Pour y répondre, l’UNSA exige un plan ambitieux de rénovation des établissements scolaires et universitaires. Ce plan doit inclure le recrutement accru d’enseignants et de personnels de vie scolaire, ainsi qu’une refonte complète du processus Parcoursup.

Sur le plan budgétaire, les projets pour 2027 doivent subir une révision profonde. L’UNSA rejette l’idée de faire porter l’essentiel des efforts financiers sur les catégories les plus vulnérables, incluant les malades, les familles, les retraités et les personnes précaires. Elle demande l’abandon des gels des APL, des économies envisagées sur l’allocation de rentrée scolaire et de l’augmentation des restes à charge en santé, suggérant que d’autres leviers budgétaires sont disponibles.

La justice fiscale et sociale doit être le pilier de ces choix. L’UNSA souligne que plus de 13 000 foyers parmi les plus aisés du pays ne paient pas d’impôt sur le revenu. Une réforme fiscale véritable est donc réclamée afin d’obliger les hauts revenus et les grandes fortunes à contribuer davantage à l’effort collectif, permettant une répartition plus équitable des efforts. De plus, les entreprises doivent assumer leur part de responsabilité. L’UNSA conditionne l’octroi d’aides publiques et des exonérations de cotisations sociales à des engagements vérifiables en matière d’emploi, d’augmentation des salaires et de transition écologique.

L’amélioration du pouvoir d’achat constitue une autre priorité opérationnelle. L’UNSA demande la revalorisation du point d’indice dans la fonction publique, un soutien au SMIC et l’ouverture de négociations salariales réelles au sein des branches professionnelles. La situation est critique, puisque plus de 800 000 agents publics sont rattachés à des grilles indiciaires dont les premiers échelons sont inférieurs au SMIC, ce qui illustre l’urgence de réviser les structures de rémunération du secteur public. Si le Gouvernement souhaite que les employeurs augmentent les salaires, il doit commencer par donner l’exemple en tant qu’employeur public et obliger le patronat à s’engager concrètement. Parallèlement, le renforcement des services publics est essentiel pour garantir l’égalité d’accès aux droits sur l’ensemble du territoire.

Concernant le dialogue social, l’UNSA insiste sur le fait que les concertations ne doivent plus se succéder sans déboucher sur des engagements précis et mesurables. Le Premier ministre a annoncé des rendez-vous, notamment une réunion avec les acteurs de l’éducation prévue lundi prochain. L’UNSA juge toutefois que cette rencontre doit être avancée avant la fin de la semaine. Des concertations sont également planifiées avec le ministre du Travail pour aborder le SMIC, les négociations annuelles sur les salaires et la conditionnalité des aides aux entreprises. Face à la gravité de la crise sociale, l’UNSA exprime cependant sa déception, car les annonces se limitent à de nouvelles réunions plutôt qu’à des mesures immédiates et des engagements fermes. Les jeunes, les salariés, les agents publics et les retraités exigent des réponses concrètes maintenant, et non de nouvelles promesses.

Dans ce contexte, l’UNSA confirme son appel à la mobilisation prévue le 5 novembre pour défendre les salaires, le pouvoir d’achat, les services publics et une justice fiscale et sociale accrue. Le Gouvernement saura-t-il enfin passer des paroles aux actes avant cette échéance ?

Questions-réponses

Quelles mesures l'UNSA exige-t-elle pour la jeunesse ?

Un plan ambitieux de rénovation des établissements scolaires et universitaires, le recrutement accru d'enseignants et de personnels de vie scolaire, ainsi qu'une refonte complète de Parcoursup.

Pourquoi la revalorisation du point d'indice est-elle urgente selon l'UNSA ?

Plus de 800 000 agents publics sont rattachés à des grilles indiciaires dont les premiers échelons sont inférieurs au SMIC, ce qui rend urgente la révision des structures de rémunération du secteur public.

Quelles rentrées budgétaires l'UNSA propose-t-elle pour 2027 ?

Elle demande l'abandon des gels des APL, des économies sur l'allocation de rentrée scolaire et de l'augmentation des restes à charge en santé, et propose une réforme fiscale obligeant hauts revenus et grandes fortunes à contribuer davantage.

Que reproche l'UNSA aux concertations annoncées par le Premier ministre ?

Les annonces se limitent à de nouvelles réunions, notamment avec les acteurs de l'éducation et le ministre du Travail, au lieu de mesures immédiates et d'engagements fermes ; l'UNSA veut que la réunion sur l'éducation ait lieu avant la fin de la semaine.

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