Autonomie de la Corse : le comité stratégique décalé à jeudi

Report ministériel au 12 novembre face aux désistements des participants

Autonomie de la Corse : le comité stratégique décalé à jeudi

Le comité stratégique sur l’autonomie de la Corse, que la ministre Françoise Gatel devait réunir ce lundi 9 novembre à Paris, a été reporté au jeudi 12 novembre. Les participants ont été prévenus ce samedi matin par le cabinet de la ministre, qui a invoqué les intempéries ayant frappé le sud de l’île ces derniers jours et nécessitant la mobilisation à la fois des élus et des services de l’État sur le terrain.

Ce report intervient alors que les conditions de tenue de la réunion semblaient de toute manière ne plus être réunies, après les absences annoncées de plusieurs participants. La question de la représentativité de cette instance de concertation, voulue pour évoquer les suites du processus de Beauvau, se posait en effet avec acuité.

Les nationalistes, en retrait du processus depuis l’échec du projet de loi constitutionnelle au Sénat, avaient confirmé leur volonté de ne pas se rendre à Paris lors de la session exceptionnelle de l’Assemblée de Corse. Quatre des cinq groupes de l’institution, à savoir Fà populu inseme, Avanzemu, Core in fronte et Un’altra strada, avaient officiellement décliné l’invitation ministérielle.

À ces absences s’ajoutait celle du sénateur de Corse-du-Sud, Jean-Jacques Panunzi. L’élu LR, irrité par l’attitude de la ministre au palais du Luxembourg, lui reprochait de lui “avoir fait porter la responsabilité de l’échec”. Il avait fait savoir qu’il “se [retirait] lui aussi du processus du Beauvau”, précisant “ne participer désormais qu’aux réunions avec les parlementaires”.

Restaient les autres élus de droite, qui avaient répondu favorablement à l’invitation de Françoise Gatel : le député de la Haute-Corse François-Xavier Ceccoli, celui de la Corse-du-Sud Laurent Marcangeli, le président du groupe Un soffiu novu à l’Assemblée de Corse Jean-Martin Mondoloni, ainsi que le maire d’Ajaccio Stéphane Sbraggia.

Le report pourrait-il changer la donne ? Si les présents de lundi devraient logiquement être ceux de jeudi, certains interlocuteurs s’interrogent sur la réalité du motif invoqué. Ce changement de planning pourrait-il traduire une volonté du gouvernement de gagner du temps pour tenter de convaincre les nationalistes de revenir à la table des négociations ? Ces derniers pourraient-ils infléchir leur position, après avoir demandé, dans la résolution votée jeudi dernier, la tenue d’une “concertation au plus haut niveau permettant une sortie de crise et un accord politique avec le Parlement sur la révision constitutionnelle consacrée à l’autonomie” ?

Dans l’hypothèse où ces positions demeureraient inchangées, la configuration de jeudi prochain serait celle d’une réunion comptant davantage de chaises vides que de présents. Dès lors, quel sens accorder encore à la “nouvelle phase de concertation” voulue par la ministre, et sur quoi pourrait-elle déboucher ? L’objectif affiché du gouvernement reste l’inscription d’un texte à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale, dans un calendrier plus que contraint et susceptible d’évoluer à tout moment.

Si l’urgence de la situation dans l’extrême-sud de l’île n’est plus à démontrer, le report laisse donc ouverte une question de fond : celle de la capacité du gouvernement à rassembler autour de lui les acteurs politiques corses, alors que la plupart des groupes de l’Assemblée de Corse comme un des deux sénateurs de l’île se sont écartés d’un processus dont la prochaine étape se jouera désormais jeudi.

Questions-réponses

Pourquoi la réunion du comité stratégique a-t-elle été reportée ?

Le cabinet de la ministre Françoise Gatel a invoqué les intempéries ayant frappé le sud de l'île, nécessitant la mobilisation des élus et des services de l'État sur le terrain, alors que plusieurs participants avaient déjà annoncé leur absence.

Quels groupes de l'Assemblée de Corse ont décliné l'invitation ?

Quatre des cinq groupes : Fà populu inseme, Avanzemu, Core in fronte et Un'altra strada, les nationalistes étant en retrait du processus depuis l'échec du projet de loi constitutionnelle au Sénat.

Pourquoi le sénateur Jean-Jacques Panunzi s'est-il retiré du processus ?

Irrité par l'attitude de la ministre au palais du Luxembourg, il lui reprochait de lui avoir fait porter la responsabilité de l'échec et ne participera désormais qu'aux réunions avec les parlementaires.

Quels élus avaient accepté l'invitation de la ministre ?

Le député de la Haute-Corse François-Xavier Ceccoli, le député de la Corse-du-Sud Laurent Marcangeli, le président du groupe Un soffiu novu Jean-Martin Mondoloni et le maire d'Ajaccio Stéphane Sbraggia.