Lescure défend le bilan de la déstockage de gazole face au contrôle public

Lescure défend le bilan de la déstockage de gazole face au contrôle public

Roland Lescure salue des baisses de plus de 20 centimes dans 3.000 stations.

Gazole: Roland Lescure défend les résultats de la libération des stocks stratégiques, avec des baisses supérieures à 20 centimes dans 3.000 stations

La libération des stocks stratégiques de gazole entre dans sa phase de vérification publique. Invité ce mercredi sur RMC et BFMTV, Roland Lescure, ministre chargé du dossier, a rendu compte des premiers effets de la mesure exceptionnelle décidée par l’exécutif pour contenir la hausse des prix à la pompe liée à la guerre au Moyen-Orient.

“On a aujourd’hui 3.000 stations sur 10.000 dont la baisse (de prix) dépasse les 20 centimes”, a assuré le ministre, chiffres à l’appui. Il a traduit ce mouvement en termes concrets: “De manière concrète, cela veut dire que sur un plein de 45 litres on économise 9 euros, c’est près de 10% de baisse donc c’est très important.”

Le dispositif avait été annoncé en octobre. Le gouvernement s’était alors engagé à vendre à prix coûtant aux distributeurs dix millions de barils de gazole issus des stocks stratégiques, sur une période de trois mois à compter du 1er novembre. Une réponse directe à l’envolée des prix des carburants et de l’énergie en général, conséquence du conflit au Moyen-Orient.

La couverture du territoire progresse au-delà des seules baisses les plus marquées. “Il y a 6.600 stations sur 10.000 qui ont commencé à baisser leurs prix donc plus de deux tiers, y compris parfois des petites stations”, a indiqué le ministre. Bercy estime la baisse moyenne à “15 centimes”, un niveau qui devrait augmenter “au fur et à mesure que les stocks arrivent dans les pompes”. Les données de marché confirment cette trajectoire: au 3 novembre, le litre de gazole s’affichait en moyenne à 2,23 euros, contre 2,35 euros le 31 octobre.

Reste une question de mise en oeuvre, soulevée par une partie du réseau de distribution. Certaines petites stations déplorent ne pas avoir encore été livrées des stocks vendus à prix coûtant. Le ministre a répondu en rappelant la durée calibrée du dispositif: l’opération “va durer trois mois. Donc même si cela prend quelques jours à les approvisionner, les petites stations auront trois mois devant elles pour appliquer ces baisses de prix.”

L’État a également prévu un mécanisme financier pour que les contraintes de trésorerie ne fassent pas obstacle à la baisse des tarifs. Les stations qui souhaiteraient réduire leurs prix avant même d’avoir reçu les stocks vendus à prix coûtant peuvent recourir au “prêt à taux zéro” mis en place par le gouvernement, a rappelé Roland Lescure. Concrètement, l’État leur “prête la trésorerie qui leur permet” de baisser leurs tarifs, et “elles nous rembourseront à taux zéro quand elles auront les stocks moins chers”, a conclu le ministre.

Le dispositif doit désormais faire ses preuves sur les trois mois prévus. La promesse du gouvernement: que l’ensemble du réseau, y compris les stations indépendantes encore non livrées, bénéficie des stocks vendus à prix coûtant.

Questions-réponses

Quels engagements le gouvernement a-t-il pris lors de l'annonce du dispositif en octobre ?

Le gouvernement s'était engagé à vendre à prix coûtant aux distributeurs dix millions de barils de gazole issus des stocks stratégiques, sur une période de trois mois à compter du 1er novembre, en réponse à l'envolée des prix des carburants liée au conflit au Moyen-Orient.

Quels résultats le ministre avance-t-il sur les baisses de prix ?

Roland Lescure affirme que 3.000 stations sur 10.000 affichent des baisses supérieures à 20 centimes, que 6.600 stations ont commencé à baisser leurs prix, et Bercy estime la baisse moyenne à 15 centimes, un niveau appelé à augmenter à mesure que les stocks arrivent dans les pompes.

Comment certaines petites stations contestent-elles la mise en oeuvre du dispositif ?

Certaines petites stations déplorent ne pas avoir encore été livrées des stocks vendus à prix coûtant. Le ministre répond que l'opération dure trois mois, laissant aux stations le temps d'être approvisionnées et d'appliquer les baisses de prix.

Quel mécanisme financier l'État a-t-il prévu pour faciliter les baisses de prix ?

L'État a mis en place un prêt à taux zéro : les stations peuvent baisser leurs prix avant même de recevoir les stocks, l'État leur prêtant la trésorerie nécessaire, remboursée à taux zéro une fois les stocks moins chers obtenus.

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