Les villages enclavés de Madagascar pourraient bientôt voir arriver des routes et des infrastructures concrètes, grâce à un renforcement de la coopération militaire franco-malgache. C’est l’un des engagements mis en avant par la ministre française des Armées et des Anciens combattants, Catherine Vautrin, en visite officielle à Antananarivo ce mardi, dans un entretien accordé au quotidien L’Express de Madagascar.
« Notre deuxième axe de travail consiste à appuyer les Forces armées malgaches pour leur permettre de mieux venir en aide aux populations… Nous envisageons notamment de renforcer notre coopération dans le domaine du génie militaire pour contribuer au désenclavement des villages », a souligné la ministre. Derrière les enjeux diplomatiques, c’est donc bien le quotidien des habitants isolés qui se trouve au cœur de cet axe de coopération, aux côtés de la sécurité maritime.
La visite s’inscrit dans un contexte régional en pleine mutation. Elle intervient en marge du déploiement opérationnel « Pégase 2026 », mené par l’Armée de l’Air et de l’Espace française dans l’océan Indien. La ministre est arrivée à bord d’un appareil militaire français depuis La Réunion, où elle a assisté aux manœuvres aériennes mobilisant 300 aviateurs et neuf aéronefs de pointe. Elle a effectué le voyage en compagnie du général Ely Razafitombo, ministre malgache des Forces armées.
À Antananarivo, le programme prévoit des discussions stratégiques avec les plus hautes instances du pays, notamment le Colonel Michaël Randrianirina, président de la Refondation. Une étape politique d’envergure pour la diplomatie de défense entre Paris et la Grande Île.
Dans son interview, Catherine Vautrin a tenu à préciser les contours de ce rapprochement bilatéral, en insistant sur le respect de la souveraineté malgache. « Madagascar et la France entretiennent un partenariat historique, constant et majeur : nous sommes deux pays voisins qui partageons une vision commune des enjeux de sécurité dans la zone Sud de l’océan Indien. Je pense notamment au canal du Mozambique, dont l’importance stratégique ne cesse de croître », a-t-elle déclaré.
Interrogée sur la diversification des alliances de la Grande Île, notamment avec la Russie, la représentante du gouvernement français a prôné une approche pragmatique. « Chaque État est libre de choisir ses partenaires. Si la France demeure un partenaire historique de Madagascar, c’est parce que nous avons démontré la solidité de cette relation, dans le plein respect de la souveraineté de chacun, au service de nos intérêts communs », a-t-elle affirmé.
Au-delà des déclarations, la coopération entre Paris et Antananarivo entend désormais se traduire par des actions opérationnelles concrètes. Outre l’appui à la surveillance maritime face aux trafics illicites et au pillage des ressources dans le canal du Mozambique, la France prévoit d’accompagner les Forces armées de Madagascar dans l’intégration des technologies de drones militaires, devenues centrales pour la défense moderne.
Entre impératifs sécuritaires et soutien au développement local, cette visite réaffirme la volonté de Paris de consolider un partenariat ancré dans la durée. Pour les populations civiles malgaches, les retombées attendues, du désenclavement des villages à la protection des ressources maritimes, constituent le test concret de cette ambition. Les routes promises sortiront-elles réellement des sentiers isolés de la Grande Île ?