À Antananarivo, les familles préparent déjà leurs réfrigérateurs avant les coupures
Dans les quartiers d’Antananarivo, la semaine qui s’annonce demande de l’organisation. Pour conserver leurs aliments et leurs produits fragiles, les habitants comme les commerçants devront s’appuyer sur des compartiments réfrigérés, tandis que le courant sera suspendu par tranches de deux heures au maximum. Ces privations, annoncées par la direction de la Jirama, la Société Eau et Électricité malgaches, devaient débuter samedi et s’achever le jeudi 22 octobre 2026.
L’annonce avait d’abord été accueillie comme une information utile. Elle donnait aux particuliers comme aux professionnels le temps de se préparer et de protéger ce qui, dans leurs foyers ou leurs activités, ne supporte pas la chaleur. Mais sur le terrain, le calendrier affiché n’a pas été respecté : l’opération a déjà commencé. Selon Madagascar-Tribune, des travaux ont été lancés sans que les abonnés n’aient reçu la moindre information, et ces interventions durent souvent trois heures, voire davantage. Un écart qui pèse directement sur la vie quotidienne des habitants, contrariés dans leurs gestes les plus simples.
Onze quartiers sont touchés par ces perturbations. Le site d’information indépendant Telex confirme les difficultés rencontrées par les habitants d’Ambohibary, Ambohijoky, Antanetibe Ivato, Ambohibao, Ambolokandrina, Ambatobe, Anosy, Mahamasina, Ambohijanaka Iavoloha, Bemasoandro et Antsahadinta. Autant de voisinages où familles, artisans et petits commerces devront composer avec un courant capricieux pendant plusieurs jours.
Les opérations prévues sont détaillées par les rédacteurs de Telex : le remplacement des câbles dégradés, l’installation de nouveaux supports, ainsi que l’élagage des arbres situés à proximité des lignes. L’objectif, précisent-ils, est de limiter les incidents techniques et d’améliorer la fiabilité des installations. Autrement dit, ces désagréments subis aujourd’hui par les habitants devraient permettre, à terme, de sécuriser et de pérenniser la distribution de l’électricité dans la capitale.
Derrière ces travaux se joue aussi quelque chose de plus sensible. Ce projet est jugé essentiel, et les nouveaux dirigeants de la Grande Île n’oublient pas pourquoi : les émeutes de 2025 avaient débuté à la suite des coupures répétées d’eau et d’électricité. Pour les habitants d’Antananarivo, chaque heure sans courant n’est donc pas un simple désagrément technique. Elle rappelle une période où la privation des services de base avait suffi à embraser la rue.
Reste à savoir si la Jirama tiendra cette fois les engagements affichés. Entre une annonce officielle qui promettait des coupures encadrées de deux heures maximum et une réalité déjà plus longue et moins prévenue, l’écart constaté par la presse locale nourrit la méfiance des abonnés. Pour les onze quartiers concernés, tout dépendra désormais de la capacité de l’opérateur à informer ses usagers et à ramener les durées réelles au niveau de ce qui avait été promis, afin que ces jours difficiles servent bien, au final, à un réseau plus fiable pour tous.