À La Réunion, des centaines dans la rue contre la vie chère

À La Réunion, des centaines dans la rue contre la vie chère

Coût de la vie et services publics : le ras-le-bol des habitants s'exprime dans la rue

Vie chère et services publics : à La Réunion, la rue se fait de nouveau entendre

Pour des centaines d’habitants de La Réunion, le coût de la vie n’est pas un débat abstrait, mais une épreuve quotidienne. Ce samedi 24 octobre 2026, plusieurs centaines de personnes ont défilé à Saint-Denis et à Saint-Pierre pour dénoncer la vie chère, la politique du gouvernement et la dégradation des services publics. Au plus fort de la mobilisation, près de 300 manifestants ont été recensés par la préfecture.

Les revendications touchent directement le quotidien des habitants : pouvoir d’achat, prix des carburants, éducation, précarité étudiante et défense des services publics. Sur le terrain, la lassitude face à la situation économique et sociale était palpable. “La vie chère à La Réunion, c’est un cauchemar”, résume Phil, enseignant mobilisé à Saint-Denis, qui réclame notamment davantage de moyens pour l’éducation et les services publics. Marion, salariée dans le domaine de la santé, y voit aussi une défense de l’intérêt collectif : “On est là pour manifester contre la vie chère (…) pour la justice sociale et pour l’égalité de tous”. Damian, ancien étudiant, alerte sur la précarité des jeunes : “Ils ont à peine de quoi manger, à peine de quoi vivre”, espérant que “les décideurs nous écoutent et prennent les bonnes décisions”.

Cette journée de mobilisation, lancée une semaine après des violences urbaines qui ont secoué l’île, avait été appelée par plusieurs mouvements, notamment les Gilets jaunes et Gen Z, via les réseaux sociaux dans plusieurs communes.

À Saint-Denis, une vingtaine de personnes s’étaient d’abord réunies devant la préfecture en fin de matinée. Le cortège a ensuite grossi jusqu’à une cinquantaine de participants au Barachois, où un barrage filtrant avait été installé dans une ambiance d’abord calme. Des tensions sont apparues lorsque les manifestants, après la déviation de la circulation par les forces de l’ordre, ont tenté de rejoindre la caserne Lambert. Un bref face-à-face avec les policiers a eu lieu avant que les protestataires ne rebroussent chemin ; la marche s’est ensuite poursuivie rue Maréchal-Leclerc sans nouvelle tension signalée.

À Saint-Pierre, une centaine de personnes s’étaient rassemblées au rond-point de la ZAC Bank vers 14 heures. À 15h30, la préfecture comptait environ 200 manifestants dans le sud et 80 à Saint-Denis. Quelques incidents ont toutefois été signalés, dont un automobiliste tentant de forcer le passage du cortège et des jets de galets par des groupes d’individus dans les secteurs de Basse-Terre et du pont de la Rivière.

La nuit de samedi à dimanche a donné lieu à quelques feux de poubelles, de détritus et de véhicules. Dans le quartier de Moulin Joli, à La Possession, la situation a été plus tendue : les gendarmes ont été la cible de jets de projectiles de la part d’un groupe d’une quinzaine de jeunes cagoulés. Rien de tel, toutefois, lors des rassemblements eux-mêmes : selon la préfecture, ils se sont achevés sans incident majeur. Après les violences du week-end précédent, les autorités avaient renforcé le dispositif, avec plus de 400 policiers et gendarmes mobilisés dans la nuit de vendredi à samedi, sans affrontement ni interpellation recensés malgré quelques feux de poubelles et de végétation. À 18 heures, la préfecture annonçait la fin des manifestations, affirmant qu‘“aucun incident majeur n’est à signaler en cette fin de journée” et remerciant les forces de sécurité.

La contestation pourrait bien se prolonger. L’intersyndicale de La Réunion appelle à une journée de grève et de manifestations le jeudi 5 novembre 2026, pour défendre les salaires, l’emploi, le pouvoir d’achat et les services publics, avec deux rassemblements dès 9 heures à Saint-Denis et Saint-Pierre. Les syndicats réclament notamment le retrait du projet de budget du gouvernement, dénonçant une situation sociale devenue “intenable”. Pour les habitants concernés, l’enjeu reste simple : un quotidien plus supportable et des services publics à la hauteur de leurs besoins.

Questions-réponses

Quelles revendications les manifestants ont-ils exprimées à La Réunion ?

Le pouvoir d'achat, le prix des carburants, l'éducation, la précarité étudiante et la défense des services publics.

Combien de personnes ont participé aux rassemblements selon la préfecture ?

Près de 300 manifestants au plus fort de la mobilisation, dont environ 200 dans le sud et 80 à Saint-Denis selon la préfecture.

Quels incidents ont été recensés lors de cette mobilisation ?

Des feux de poubelles, de détritus et de véhicules, ainsi que des jets de projectiles contre des gendarmes à La Possession par une quinzaine de jeunes cagoulés.

Qu'appelle l'intersyndicale de La Réunion pour la suite ?

Une journée de grève et de manifestations le jeudi 5 novembre 2026, à Saint-Denis et Saint-Pierre, pour défendre salaires, emploi, pouvoir d'achat et services publics, avec notamment le retrait du projet de budget du gouvernement.

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