"La Gradiva" : le film de lycéens à Pompéi qui séduit la presse

Un voyage scolaire à Pompéi bouleverse trois adolescents

"La Gradiva" : le film de lycéens à Pompéi qui séduit la presse

Pour une classe de lycéens, un voyage scolaire à Naples peut devenir bien plus qu’une simple excursion pédagogique. C’est ce que raconte La Gradiva, premier long-métrage de Marine Atlan, sorti en salles le 21 octobre, qui suit une bande d’adolescents partis découvrir les ruines de Pompéi avec leur professeure de latin. Salué de façon quasi unanime par la presse, le film met en scène des jeunes gens traversés par des émotions contradictoires, de la joie à la colère en passant par le désir, et parfois brutalement confrontés au réel. La critique a rarement été aussi d’accord sur une sortie de la semaine, comme en témoigne la couverture rassemblée notamment par le HuffPost : https://www.huffingtonpost.fr/culture/article/la-presse-a-rarement-ete-aussi-unanime-que-devant-la-gradiva-ce-film-francais-sur-des-lyceens-en-voyage-scolaire-clx1_342840.html

Au cœur du récit, trois adolescents dont les trajectoires se croisent et se heurtent. Toni, incarné par Colas Quignard, est un jeune homme turbulent et charismatique qui compte profiter du séjour pour enquêter sur ses origines italiennes. Son meilleur ami James, joué par Mitia Capellier-Audat, semble à l’inverse être celui à qui tout réussit, et leur relation, teintée de désir, va être bousculée au fil du voyage. Suzanne, dont le personnage porte le prénom de son interprète Suzanne Gerin, peine à trouver sa place dans le groupe et nourrit une colère vive, notamment contre les rapports de domination que James installe autour de lui.

Autour de ces trois figures, le séjour se déploie dans la ville. Télérama décrit un périple mouvementé, fait de balades dans les quartiers napolitains, d’une halte instructive à la villa des Mystères, de visites de musées, d’une escapade nocturne et d’une fête collective, riche d’apprentissages, de découvertes euphoriques comme de désillusions cruelles. Le magazine salue un étonnant concentré où l’histoire antique résonne avec tout ce que traversent les adolescents, et attribue au film quatre « T ». Le Monde, de son côté, relève que ce « teen-movie » joue magnifiquement du vertige de temps qui s’ouvre entre la cité du sud de l’Italie et ses jeunes visiteurs, l’hypercontemporanéité des lycéens se trouvant exhaussée par l’ancienneté multicouche de la ville alentour. Le quotidien prend pour exemple la silhouette d’un frêle élève en survêtement bleu électrique, au beau milieu du musée archéologique de Naples.

Libération insiste sur une autre dimension du film. Si La Gradiva est un film de visages et de lumière sur les visages, c’est aussi un film de parole, une question posée à la langue, celle de la jeunesse de 2026, semblable à aucune autre, énigmatique comme le phrasé de la chanteuse Theodora, dont Kongolese sous BBL figure dans la bande-son. Le journal y voit sa « palme d’aura », clin d’œil au jeu mêlant absurde et mèmes qui règne dans les lycées.

Le Parisien et franceinfo partagent ce coup de foudre. Le premier estime que le film saisit brillamment la jeunesse de 2026, avec ses angoisses liées à Parcoursup, ses applis de rencontres et une conscience politique aiguisée. Le second salue la mise en scène d’un déterminisme social toujours à l’œuvre et la force de questionnements universels, propres à cet âge plein de doutes.

Ce succès critique n’était pourtant pas écrit d’avance. Au Festival de Cannes, le film a reçu le Grand Prix de la Semaine de la Critique, et il a récemment figuré parmi les cinq finalistes retenus pour représenter la France aux Oscars, une sélection finalement remportée par Minotaure, du réalisateur russe Andreï Zviaguintsev. Interrogée par l’AFP, Marine Atlan a confié son propre étonnement face à cet engouement : « Ça paraît un peu irréel. On a fait le film avec moins de trois millions d’euros, avec des acteurs non professionnels. Il n’y a pas de star. »

Connue jusqu’ici pour son travail de directrice de la photographie, la cinéaste de 37 ans se souvient d’un tournant difficile. « Le film a été dur à faire, notamment deux ans de casting. On nous a beaucoup dit “ça ne marchera pas”, ou “c’est trop long”, il dure 2 h 25, ou “c’est une forme trop étrange, trop lente”. Ça fait du bien de voir que ces formes nouvelles peuvent toucher les gens. » Et, ajoute-t-elle, qu’il reste toujours aussi impossible d’anticiper la trajectoire d’un film.

Questions-réponses

Qui sont les trois adolescents au cœur du récit ?

Toni (Colas Quignard), jeune homme turbulent qui enquête sur ses origines italiennes, son ami James (Mitia Capellier-Audat), à qui tout réussit, et Suzanne (Suzanne Gerin), qui peine à trouver sa place dans le groupe et nourrit une colère vive contre les rapports de domination de James.

Comment la presse accueille-t-elle le film ?

Télérama attribue quatre « T » et salue un concentré où l'histoire antique résonne avec l'expérience des adolescents ; Le Monde relève le vertige de temps entre la ville et ses jeunes visiteurs ; Libération évoque sa « palme d'aura » et la langue de la jeunesse de 2026 ; Le Parisien et franceinfo saluent le portrait juste de cette génération.

Quelle reconnaissance le film a-t-il obtenue avant sa sortie ?

Elle a reçu le Grand Prix de la Semaine de la Critique à Cannes et figurait parmi les cinq finalistes pour représenter la France aux Oscars, sélection finalement remportée par Minotaure d'Andreï Zviaguintsev.

Quelles difficultés Marine Atlan a-t-elle mentionnées ?

Réalisée avec moins de trois millions d'euros et des acteurs non professionnels, sans star, après deux ans de casting, il a dû surmonter des doutes sur sa durée (2 h 25) et une forme jugée trop étrange ou trop lente, selon les propos rapportés par l'AFP.