À 17 ans, Sarika vise Dakar 2026 avec les Makis Ladies

Jeunes joueuses malgaches en pleine préparation pour un rêve olympique

À 17 ans, Sarika vise Dakar 2026 avec les Makis Ladies

Sous un soleil de plomb, sur la pelouse jaunie du stade Maki d’Andohatapenaka, Sarika Raveloarisoa enchaîne les sprints, le regard déjà tourné vers le Sénégal. À 17 ans, cette jeune Malgache porte le maillot rouge, blanc et vert des Makis Ladies, l’équipe qui représentera Madagascar au tournoi de rugby à 7 des Jeux olympiques de la jeunesse de Dakar 2026. « Ce que j’aime dans le rugby à 7, c’est qu’il y a plus d’espaces, d’intervalles où je peux me faufiler », explique-t-elle. Et de confier sa méthode secrète : « Que ce soit pendant les entraînements ou à la maison, je me projette, je fais comme si j’étais déjà au Sénégal, et j’entretiens ma rage de vaincre. »

À quelques mètres d’elle, Savanna Rakotonindrina, 16 ans, partage le même rêve. Cette adolescente, qui ambitionne de devenir joueuse professionnelle, mesure ce que ce sport a changé dans sa vie. « Ce que le rugby m’a appris, c’est la solidarité, le partage, l’amitié », confie-t-elle. L’idée de porter les couleurs de son pays à l’étranger la transporte : « Je suis honorée de représenter le pays dans une compétition internationale à l’étranger, je suis excitée d’y aller, j’ai hâte d’y être ! »

Cette semaine, les Makis Ladies achèvent à Antananarivo une préparation intense, après un stage effectué mi-octobre en Tunisie. Au programme : techniques de mêlée, plaquages, stratégies d’attaque et de défense. Rien n’est laissé au hasard, assurent ces jeunes sportives et leur coach, qui placent pourtant leur plus grand atout ailleurs, dans leur mental.

Au bord du terrain, Zo Andrianantenaina, kinésithérapeute, soigne l’une des joueuses blessée après un violent choc. Elle sait mieux que quiconque que les conditions de préparation restent loin d’être optimales à quelques jours du décollage pour Dakar. « Ici, à Madagascar, les athlètes n’ont pas de vrais nutritionnistes qui les suivent. Mais on essaye de les conseiller sur ce qu’il faut manger ou faire pour avoir plus d’énergie », décrit-elle, avant d’aborder le sujet qui fâche : « Le vrai problème, c’est le problème financier. Toutes ces joueuses-là n’ont pas le même niveau de vie au quotidien, certaines ne mangent que deux fois par jour. Cela va provoquer des carences. » Puis, résignée mais fière : « Mais heureusement, notre point fort, c’est le mental ! »

Sur le terrain justement, la coach Dina Razafindratsara ne ménage pas ses douze joueuses. Passes, plaquages, exercices de mêlées : l’équipe tourne sans relâche. Les profils, elle les connaît par cœur. « Certaines évoluent dans des écoles de rugby depuis l’enfance, d’autres ont commencé il y a seulement deux ans », précise-t-elle. « Elles ont passé des tests pour intégrer l’équipe. On a pris en compte leur taille, leur vitesse, leur technique et leur capacité intellectuelle à lire le jeu. »

Le choix de la spécialité n’est pas anodin. Le rugby à 7 exige explosivité et réactivité : la partie ne dure que 14 minutes, mais le jeu y est d’une intensité extrême. Dans la capitale malgache, ce sport est particulièrement populaire dans les bas quartiers, et le stade Maki rassemble pas moins de 20 000 fans à chaque rencontre.

Au terme de deux heures d’entraînement, la coach réunit ses joueuses pour le débrief. Son mot d’ordre : ne rien lâcher, tout donner. Puis elle lance, pour galvaniser ses troupes : « Quel est votre objectif aux Jeux olympiques ? Être championnes ? Alors, j’ose croire que vous avez un état d’esprit de championnes ! »

À Dakar, les Makis Ladies disputeront leurs matchs de poule face à la République tchèque, à l’Espagne et aux États-Unis. Pour Sarika, Savanna et leurs coéquipières, l’essentiel est déjà là : elles sont prêtes à tout donner sur la plus grande scène de leur jeune carrière, armées de cette rage de vaincre qu’elles cultivent jour après jour sur la terre battue d’Andohatapenaka. Reste à savoir si ce mental si vanté suffira à compenser les carences d’une préparation à l’étroit.

Questions-réponses

Qui sont les jeunes joueuses mises en avant dans l'équipe malgache ?

Sarika Raveloarisoa, 17 ans, et Savanna Rakotonindrina, 16 ans, qui rêvent toutes deux de représenter Madagascar à Dakar 2026, la première pour les espaces du rugby à 7, la seconde avec l'ambition de devenir joueuse professionnelle.

Quelles difficultés rencontrent les Makis Ladies dans leur préparation ?

Les conditions restent loin d'être optimales : les athlètes malgaches n'ont pas de vrais nutritionnistes, et selon la kinésithérapeute Zo Andrianantenaina, certaines joueuses ne mangent que deux fois par jour, ce qui risque de provoquer des carences. Le problème financier est le vrai obstacle.

Comment l'équipe a-t-elle été sélectionnée et préparée ?

La coach Dina Razafindratsara a fait passer des tests prenant en compte la taille, la vitesse, la technique et la capacité à lire le jeu. Certaines joueuses évoluent dans des écoles de rugby depuis l'enfance, d'autres ont commencé il y a deux ans. La préparation inclut un stage mi-octobre en Tunisie et des séances à Antananarivo sur les mêlées, plaquages et stratégies.

Contre qui les Makis Ladies joueront-elles à Dakar ?

Elles disputeront leurs matchs de poule face à la République tchèque, à l'Espagne et aux États-Unis, lors du tournoi de rugby à 7 des Jeux olympiques de la jeunesse de Dakar 2026.