Le plan de rénovation des lycées franciliens avance, mais sa poursuite dépend, selon son pilote, d’un arbitrage budgétaire national encore non réglé. James Chéron, vice-président de la région Île-de-France chargé des lycées et de la réussite éducative, a appelé mercredi 7 octobre, sur ICI Paris Île-de-France, le gouvernement à “revoir la copie” de son projet de budget pour permettre aux régions de continuer à investir. “Ce n’est pas possible de demander d’investir plus et en même temps de nous réduire les moyens”, affirme-t-il, alors que l’état des établissements scolaires figure parmi les revendications portées par les lycéens.
Sur le terrain, la région présente un bilan d’exécution qu’elle juge solide. Elle mène actuellement un plan de 6,6 milliards d’euros sur dix ans pour rénover ses lycées. Sur les 468 lycées publics franciliens, “quasiment 400” sont neufs ou rénovés, assure James Chéron, les autres étant en travaux ou à l’étude. Il réfute par ailleurs l’idée d’un abandon des lycées de banlieue au profit de ceux du centre-ville : selon lui, la Seine-Saint-Denis est le département francilien où la région a le plus investi ces dernières années, avec “530 millions investis”, “quatre lycées neufs” et “les trois quarts des 66 lycées publics qui ont été refaits”.
Le problème, estime l’élu, se situe en amont, dans les moyens que l’État consent aux collectivités. Il pointe les économies demandées à ces dernières, qu’il chiffre à cinq milliards d’euros, dont un milliard pour les seules régions. Il critique aussi la réduction d’une partie de leurs ressources fiscales, notamment via le fonds de compensation de la TVA. Selon lui, l’État consacre environ 600 millions d’euros aux dotations d’investissement pour l’ensemble des régions, une dotation qui n’a pas été réévaluée “depuis 2008”, regrette-t-il. Sur ces 600 millions, 85 millions reviennent à l’Île-de-France, alors que la région “investit un milliard cette année”, rappelle-t-il. “On voit que la question des moyens est du côté de l’État”, juge-t-il, appelant le gouvernement à mieux accompagner des régions qui ont déjà “recentré” leurs investissements sur l’éducation et les transports.
Le contexte de cette passe d’armes est la mobilisation lycéenne, qui a mis l’état du bâti scolaire au rang de revendication. Les régions se défendent face à la colère des élèves : après Xavier Bertrand, président des Hauts-de-France, mardi, c’est donc l’Île-de-France qui a détaillé son effort d’investissement. Le détail chiffré de ces échanges figure dans la couverture publiée par franceinfo, accessible à cette adresse : https://www.franceinfo.fr/societe/education/blocage-des-lycees/le-gouvernement-doit-revoir-la-copie-du-budget-pour-permettre-aux-regions-de-continuer-a-investir-estime-le-vice-president-de-la-region-ile-de-france_8226424.html
Au-delà du financement, James Chéron élargit la réflexion à l’organisation même de la scolarité. Il appelle à “un grand plan jeunesse sur les rythmes scolaires” au niveau national. Il souligne qu’un lycéen français suit “entre 1 000 et 1 200 heures de cours sur 36 semaines”, contre une moyenne de “960 heures sur 38 semaines dans l’OCDE”. Il plaide pour une réflexion sur la répartition des heures de cours, les horaires des journées et le développement d’activités sportives en dehors du temps scolaire.
Reste la question centrale pour les opérateurs de la politique lycéenne : le plan de 6,6 milliards d’euros pourra-t-il être mené à son terme si les dotations de l’État ne sont pas revalorisées et si les ressources fiscales des régions continuent de se réduire ? C’est à cet arbitrage que le vice-président francilien demande au gouvernement de répondre.