Après les blackouts, un nouveau gouvernement pour Nouakchott

Nouakchott attend des réponses après les coupures et le remaniement

Après les blackouts, un nouveau gouvernement pour Nouakchott

Les habitants de Nouakchott ont d’abord vécu la crise dans le noir. Les 21 et 22 août, des incendies se sont déclarés dans les deux centrales électriques de la Somelec, situées dans la capitale. Des coupures d’électricité massives ont suivi, plongeant la ville dans l’obscurité et bouleversant le quotidien des familles. Près de deux mois plus tard, la réponse politique est tombée : un gouvernement remanié.

Tard dans la soirée du samedi 10 octobre, la composition du nouveau gouvernement mauritanien a été dévoilée. Le Premier ministre sortant, Moctar Ould Diay, avait remis la démission de son équipe après la publication du rapport sur les incendies des centrales. Vingt-quatre heures plus tôt, le chef de l’État l’avait reconduit dans ses fonctions ; c’est donc lui qui a constitué la nouvelle équipe, dont RFI détaille la composition (https://www.rfi.fr/fr/afrique/20261011-mauritanie-reconduit-dans-ses-fonctions-le-premier-ministre-moctar-ould-diay-nomme-un-nouveau-gouvernement) : 29 ministres. Le correspondant de RFI à Nouakchott, Moussa Oumar Barry, a suivi ces annonces.

La chronologie est limpide. Publication du rapport, démission de l’équipe gouvernementale, reconduction du Premier ministre, puis présentation de la nouvelle équipe. Au cœur de ce processus, un document accablant : le rapport relevait des dysfonctionnements, des défaillances au niveau des responsabilités, ainsi que l’usage de documents falsifiés. Il mettait notamment en cause l’ex-ministre de l’Énergie, Mohamed Ould Khaled, outre plusieurs hauts responsables du secteur énergétique. Des conclusions qui ont directement pesé sur le sort de l’équipe gouvernementale.

Sans surprise, l’intéressé ne fait pas partie du nouveau cabinet. En poste depuis 2024, Mohamed Ould Khaled a été évincé et cède son portefeuille à Mohamed Ould Abdel Fattah, qui avait déjà occupé ces fonctions par le passé. Le nouveau titulaire hérite d’un dossier sensible.

Il n’est pas le seul à faire les frais de ce remaniement. Sur les 25 ministres de l’ancienne équipe, 12 n’ont pas été intégrés au nouveau gouvernement et six ont changé de ministère ; treize retrouvent donc une place, dont six dans un portefeuille différent. Rajeuni, le gouvernement passe ainsi de 25 à 29 membres. Parmi les départs les plus notables figurent ceux de Mohamed Ahmed Ould Mohamed Lemine, à l’Intérieur, et de Hanena Ould Sidi, à la Défense, respectivement remplacés par Moctar Ahmed Bousseif et Ba Ousmane.

Autre signature de ce remaniement : la place faite aux femmes. Huit d’entre elles siègent dans ce cabinet, soit plus d’un membre du gouvernement sur quatre. Parmi elles figurent Ba Aïssata Yahya, désignée secrétaire générale à la Présidence, et Aïssata Lam, à qui échoit le ministère de la Pêche. Cette dernière prend ses fonctions au moment où la Mauritanie et l’Union européenne renégocient l’accord de pêche qui les lie et qui prend fin au mois de novembre, un calendrier qui laisse peu de répit à la nouvelle ministre.

Pour les habitants de Nouakchott, ce remaniement constitue l’épilogue politique d’une crise née dans le noir. Reste à savoir si cette équipe élargie et partiellement renouvelée saura répondre à leurs attentes, quelques semaines après les importantes coupures survenues dans la capitale.

Questions-réponses

Qu'est-ce qui a déclenché la crise politique en Mauritanie ?

Des incendies dans les deux centrales électriques de la Somelec à Nouakchott les 21 et 22 août ont provoqué des coupures d'électricité massives, suivies d'un rapport accablant sur les causes de ces incendies.

Que révélait le rapport sur les incendies ?

Il relevait des dysfonctionnements, des défaillances au niveau des responsabilités et l'usage de documents falsifiés, mettant notamment en cause l'ex-ministre de l'Énergie Mohamed Ould Khaled et plusieurs hauts responsables du secteur énergétique.

Comment le nouveau gouvernement est-il composé ?

Il compte 29 ministres contre 25 auparavant : 12 ministres sortants ne sont pas reconduits, six changent de ministère et treize retrouvent une place. Huit femmes y siègent, dont Ba Aïssata Yahya et Aïssata Lam.

Quels défis attendent la nouvelle équipe ?

Le nouveau ministre de l'Énergie Mohamed Ould Abdel Fattah hérite d'un dossier sensible après les coupures, et Aïssata Lam doit renégocier l'accord de pêche avec l'Union européenne, qui prend fin en novembre.