Le verdict est attendu en fin de journée ce vendredi à Vannes, devant la cour d’assises du Morbihan. Les réquisitions ont été prononcées le matin même dans le procès de Christophe Raule, 53 ans, jugé pour le viol et le meurtre d’Iris Coëtmen, tuée le 27 mai 2023 dans le centre-ville de Lorient. La défense a plaidé, la Cour a donné la parole à l’accusé, puis s’est retirée pour délibérer. L’accusé encourt la réclusion criminelle à perpétuité.
Ce procès, ouvert le lundi 12 octobre, s’est achevé sur une dernière journée marquée, une fois de plus, par les explications confuses de Christophe Raule. Les images de vidéosurveillance le montrent saisir la victime, alcoolisée et tombée d’un muret, avant de la placer à l’arrière de son fourgon. Devant la cour, il a affirmé : “Je voulais juste l’aider, et la ramener chez elle.”
Me Morgan Loret, qui représente les parties civiles aux côtés de Me Erwan Le Moigne, a dressé un bilan sans appel des débats. “Je retiens d’abord les témoignages des parties civiles qui ont été extrêmement forts, extrêmement dignes, et qui ont ravivé le souvenir d’Iris, le souvenir d’une jeune femme pétillante qui faisait l’unanimité autour d’elle, qui était dans la fleur de l’âge, et pleine de vie”, a-t-il confié à Nolwenn Even. Il a également cité les témoignages des enquêteurs et des experts, qui ont, selon lui, tous concouru à établir la culpabilité de M. Raule à tous les niveaux, ainsi que ceux des psychologues et psychiatres, venus éclairer la personnalité de l’accusé et confirmer qu’il correspondait pleinement au profil de ce dont on l’accuse.
Pour l’avocat des parties civiles, cette dernière journée a permis aux proches d’entendre leurs avocats plaider pour elles, “pour le souvenir de leur copine, de leur fille, de leur sœur”. Il estime qu’elles y ont trouvé un peu d’apaisement après des débats très douloureux, où Iris a parfois été réduite au statut de victime de M. Raule. “Elles n’attendaient pas que M. Raule passe aux aveux parce qu’il ne s’était jamais présenté dans cette optique, même si naturellement un cheminement vers la vérité aurait été bienvenu”, a-t-il ajouté, avant de souligner que ce procès, très douloureux, marque pour elles la fin d’une séquence judiciaire qu’elles attendaient avec impatience.
Interrogé sur le doute qui pourrait subsister, Me Loret a formulé une réponse qu’il présente lui-même comme rare. “Rien dans le dossier n’est venu apporter un tant soit peu de lumière pour éclairer la personnalité de M. Raule”, a-t-il déclaré. Selon lui, il est inhabituel qu’un expert psychiatre affirme devant une cour d’assises n’avoir vu aucun élément en faveur de l’accusé, ni d’amélioration, ni d’amendement, ni de rédemption. “Rien. Pas un signal favorable, à ce jour en tout cas”, a-t-il insisté, avant de conclure : “C’est compliqué de se résoudre à ne pas avoir foi en l’humanité, en l’être humain, mais dans la situation singulière de M. Raule, à ce jour en tout cas, nous sommes plongés dans les ténèbres.”
Christophe Raule, originaire de Hennebont, n’est pas un délinquant primaire. Il avait déjà été condamné en 2015 à neuf ans de prison pour viol, et avait également bénéficié d’un non-lieu dans une autre affaire de viol. Il est aujourd’hui jugé pour avoir enlevé, violé et tué la jeune Iris, dont le corps avait été retrouvé dans le Blavet.
Reste à savoir si la cour d’assises du Morbihan suivra les réquisitions, ou si elle retiendra une circonstance atténuante. La décision tombera dans la journée.