Voitures neuves : l'électrique écrase le diesel en France

Voitures neuves : l'électrique écrase le diesel en France

Le marché automobile français bascule vers l'électrique, avec un enjeu d'accès pour les ménages modestes

Sur cent voitures neuves immatriculées en France en octobre, quarante et une roulaient uniquement à l’électricité, contre une seule au gazole. Ce basculement touche directement le portefeuille et les déplacements quotidiens des ménages. Au total, 149 341 voitures particulières ont trouvé preneur le mois dernier, soit une progression de 7 % sur un an, alors même que les concessionnaires disposaient d’un jour ouvré de moins que lors de la même période de 2025. À nombre de jours égal, la hausse atteindrait 11,9 %, selon la Plateforme automobile (PFA).

Depuis janvier, 1 384 293 voitures neuves ont été immatriculées dans l’Hexagone, un volume en avance de 4,4 % sur les dix premiers mois de 2025. Derrière ces moyennes se dessine une évolution profonde des choix des automobilistes. « Octobre 2026 confirme une nouvelle fois la transformation profonde du mix énergétique automobile », résume Marie-Laure Nivot, responsable de l’analyse du marché automobile chez AAA Data. Les modèles hybrides ont séduit 44 % des acheteurs, l’électrique 41 %, tandis que l’essence ne pèse plus que 10 % des ventes du mois et le diesel 1 %, contre 2 % en septembre.

La tendance se lit encore mieux sur l’ensemble de l’année. Les concessionnaires ont immatriculé 31 159 voitures diesel sur les dix premiers mois, deux fois moins qu’un an plus tôt (64 713). La part du gazole est passée de 4,9 % à 2,3 % du marché, celle de l’essence de 22 % à 13,3 %. Face à cette érosion, 449 303 voitures électriques ont été immatriculées sur la période, soit 32,5 % du marché contre 18,9 % l’an dernier, et 38 % en ajoutant les hybrides rechargeables.

Signe du déclin du carburant traditionnel, les acheteurs ont même plébiscité le GPL, avec 47 451 immatriculations, davantage que le gazole. En additionnant hybrides, essence et diesel, plus d’un acheteur sur deux a néanmoins choisi en octobre une voiture dépendant encore d’un carburant classique, la PFA classant dans les hybrides tout modèle associant batterie et carburant, y compris les versions à prolongateur d’autonomie.

Côté modèles, la Twingo de Renault arrive en tête des ventes électriques d’octobre avec 4 747 immatriculations, devant la Renault 5 (4 666) et la Peugeot 208 électrique (3 221). Les voitures neuves vendues ce mois-ci émettent en moyenne 62,7 grammes de CO2 par kilomètre en cycle WLTP, contre 82,5 grammes un an plus tôt.

Pour les ménages modestes, l’accès à l’électrique passe par des dispositifs publics : le coup de pouce financé par les certificats d’économies d’énergie (CEE), jusqu’à 5 700 euros pour les foyers les plus précaires, et le leasing social relancé le 16 juillet, qui prévoit 50 000 voitures pour un loyer plafonné à 200 euros par mois. Selon Les Échos, ce dispositif pourrait toutefois caler avant d’atteindre son objectif, les constructeurs, submergés de commandes, privilégiant les ventes les plus rentables au détriment des modèles d’entrée de gamme proposés à loyer réduit.

Du côté des constructeurs, Stellantis conserve la tête du classement avec 36 901 voitures particulières immatriculées en octobre, en hausse de 2,8 %. Citroën gagne 11,4 % et Fiat 28,8 %, quand Peugeot recule de 2 %. Le groupe Renault, deuxième, perd 4,1 % de ses ventes à 34 730 voitures, pénalisé par Dacia, dont les immatriculations chutent de 23,8 % à 8 338 unités, la marque Renault progressant de 4,2 % avec 25 936 immatriculations. Les deux groupes français totalisent 48 % du marché d’octobre, les marques étrangères se partageant les 52 % restants.

Hors Toyota, ces dernières ont immatriculé 68 083 voitures, soit 18,3 % de plus qu’en octobre 2025. Le groupe Volkswagen, troisième, recule de près de 15 % à 19 370 voitures, d’après les données d’AAA Data relayées par Les Échos. Toyota perd 2,3 % avec 9 627 voitures, BMW progresse de 16,3 % avec 7 921 immatriculations, et Tesla vend 2 410 voitures, en hausse de 35,2 % après une progression de 61,8 % en septembre. Les professionnels, eux, immatriculent 27 823 utilitaires légers, en recul de 13 %.

Reste à savoir si le leasing social atteindra son objectif de 50 000 voitures, alors que la demande des ménages modestes continue de croître. Un panorama détaillé de ces évolutions est proposé par Clubic à cette adresse : https://www.clubic.com/actualite-637024-le-diesel-ne-represente-plus-que-1-des-ventes-de-voitures-neuves-en-france-contre-41-pour-l-electrique.html

Questions-réponses

Quelle est la part de l'électrique et du diesel dans les ventes de voitures neuves en France ?

En octobre, 41 % des voitures neuves immatriculées étaient 100 % électriques, contre une seule au gazole sur cent. Sur l'année, le diesel ne représente plus que 2,3 % du marché (31 159 unités, deux fois moins qu'un an plus tôt) et 1 % des ventes du mois.

Quels dispositifs publics facilitent l'accès à l'électrique pour les ménages modestes ?

Le coup de pouce financé par les certificats d'économies d'énergie (CEE), jusqu'à 5 700 euros pour les foyers les plus précaires, et le leasing social relancé le 16 juillet, qui prévoit 50 000 voitures pour un loyer plafonné à 200 euros par mois.

Pourquoi le leasing social pourrait-il ne pas atteindre son objectif ?

Selon Les Échos, le leasing social pourrait caler avant d'atteindre son objectif de 50 000 voitures : les constructeurs, submergés de commandes, privilégient les ventes les plus rentables au détriment des modèles d'entrée de gamme proposés à loyer réduit.

Quels sont les volumes d'immatriculations récents en France ?

149 341 voitures particulières ont trouvé preneur en octobre, soit +7 % sur un an (+11,9 % à nombre de jours ouvrés égal, selon la PFA). Depuis janvier, 1 384 293 voitures neuves ont été immatriculées, en avance de 4,4 % sur les dix premiers mois de 2025.