Renault Group tient son chiffre d’affaires au troisième trimestre, mais cette tenue repose moins sur les ventes de ses propres marques, en recul de 6,0 % sur la période, que sur ce que le constructeur produit concrètement dans ses usines et pour ses partenaires.
Le groupe français a annoncé jeudi un chiffre d’affaires de 11,596 milliards d’euros au troisième trimestre, en hausse de 1,5 % sur un an. Cette progression s’explique en grande partie par l’activité de fabrication pour le compte de tiers : Renault assemble des véhicules pour ou avec d’autres constructeurs, comme le chinois Geely au Brésil. L’intégration dans les comptes du groupe de la coentreprise Renault Nissan Automotive India Private, effective depuis août 2025, joue aussi. Avec trois mois pris en compte au troisième trimestre 2026 contre deux un an plus tôt, elle apporte 4,9 points à la variation annuelle du chiffre d’affaires.
Le groupe avance dans un communiqué «sa résilience dans un environnement très concurrentiel» et «une gamme renouvelée et de plus en plus électrifiée», et confirme ses prévisions financières pour l’exercice 2026.
Du côté des ventes, le tableau est plus nuancé. Sur les neuf premiers mois de 2026, Renault Group a écoulé 1,662 million de véhicules, en légère baisse de 2,2 % par rapport à l’année précédente. Pour le seul troisième trimestre, le groupe évoque des «dynamiques contrastées selon les régions et les marques».
La marque Renault recule de 2,9 %, mais progresse de 4,6 % en Europe, où elle demeure la deuxième marque la plus vendue du continent derrière Volkswagen et représente 71 % du total du groupe. Dacia, qui pèse 28 % des ventes, subit un repli de 12,8 %, accentué selon le groupe par une base de comparaison élevée au troisième trimestre 2025.
La décomposition du chiffre d’affaires éclaire la mécanique derrière ces chiffres. Le «mix produit», c’est-à-dire le poids des différents modèles dans les ventes, contribue pour 2,3 points, devant l’«effet prix» (+1,1 point) et le «mix géographique» (+0,5 point). Cette répartition géographique a bénéficié de la bonne performance de la France et de l’Allemagne, respectivement premier et quatrième marchés du groupe.
À l’inverse, la reconstitution des stocks de Retail Renault Group, la filiale qui vend des véhicules neufs et d’occasion et dont les niveaux étaient «particulièrement bas à fin juin», pèse négativement à hauteur de 3,1 points. L’activité de financement des ventes aux clients contribue aussi à la hausse : sans elle, le chiffre d’affaires du trimestre serait resté stable.
Pour plus de détails, la publication de référence est accessible ici : https://www.lefigaro.fr/societes/renault-un-chiffre-d-affaires-en-hausse-malgre-des-ventes-en-baisse-au-3e-trimestre-20261029
Au total, ce trimestre met en lumière l’écart croissant entre ce que le groupe fabrique et ce qu’il vend sous sa propre bannière. Les capacités de production mobilisées pour des partenaires et la montée en compte de l’activité indienne soutiennent les revenus, pendant que les immatriculations des marques reculent. La confirmation des prévisions financières pour 2026 dira si cet équilibre, adossé à l’assemblage pour autrui et au financement des ventes, peut tenir dans la durée.