Dette : Larcher prévient d'une crise qui touchera les Français

Dette : Larcher prévient d'une crise qui touchera les Français

Taux d'emprunt records et hausses d'impôts : ce que la trajectoire budgétaire coûtera aux ménages

« Nous sommes au bord de la crise financière. » Gérard Larcher, président du Sénat, a lancé cet avertissement ce matin sur BFMTV, interrogé par Apolline de Malherbe. Pour les Français, l’enjeu est concret: le coût des emprunts de l’État pèse sur les finances publiques, donc sur les impôts et les services dont chacun dépend.

Ses arguments s’appuient sur des chiffres précis. « Les taux d’intérêt atteignent 5% et l’écart avec l’Allemagne ne cesse de grandir. L’heure est venue, enfin, de retrouver une trajectoire de réduction des finances publiques », a-t-il déclaré. La France emprunte désormais à environ 5%, un niveau inégalé depuis 2002. L’écart de taux avec l’Allemagne, lui, se creuse.

Sur le budget présenté la semaine dernière par le gouvernement, le président du Sénat s’est montré réservé. « Il y a une part de baisse de la dépense publique, mais il y a aussi une part d’impôts en plus, et ça c’est un vrai sujet », a-t-il expliqué. Il a rappelé que le Haut Conseil des finances publiques (HCFP) chiffre à 17 milliards d’euros les hausses d’impôts, contre 11 milliards d’economies liées au gel budgétaire. « Cette réalité, nous allons l’examiner et essayer de trouver les bons équilibres », a-t-il plaidé.

Le budget de l’exécutif prévoit 54 milliards d’euros d’économies, dont 43 milliards de mesures nouvelles, pour ramener le déficit public à 5% du produit intérieur brut après un dérapage attendu à 5,4% cette année. La dette atteindrait 121,7% du PIB l’an prochain, un record. Mais une fois pris en compte le coût de la dette, qui augmentera de 12 milliards d’euros pour atteindre 91 milliards selon le gouvernement, l’effort réel d’économies retombe à 28 milliards.

Le Haut Conseil juge « plausible » le scénario économique pour 2026. En revanche, il estime « optimiste » la prévision de croissance pour 2027, fixée à 1% après 0,5% cette année. Quant à l’objectif de ramener le déficit sous 3% du PIB en 2029, dans la limite européenne, il le considère « très peu vraisemblable ».

Autre signal préoccupant: le « spread », l’écart de taux à 10 ans entre la France et l’Allemagne, a dépassé le seuil symbolique des 100 points de base, soit 1 point de pourcentage. Un niveau jamais atteint depuis 2012 entre les deux pays. Ce doute croissant des investisseurs sur la dette française comparée à l’allemande a une conséquence directe: Paris emprunte désormais à des coûts plus élevés que d’autres pays, comme la Grèce.

Ces tensions se répercutent aussi au-delà des frontières. Les incertitudes autour du vote du budget, liées à l’absence de majorité au Parlement, ont fait chuter l’euro, qui évoluait en début de semaine à son plus bas niveau depuis mai 2025.

Pour les ménages comme pour les services publics, la question reste ouverte: le Parlement parviendra-t-il à dégager une trajectoire crédible des finances publiques, condition du financement futur des politiques qui concernent directement les citoyens?

Questions-réponses

Pourquoi Gérard Larcher parle-t-il d'une crise financière?

Parce que la France emprunte désormais à environ 5%, un niveau inégalé depuis 2002, et que l'écart de taux avec l'Allemagne se creuse, dépassant 100 points de base, un niveau jamais atteint depuis 2012.

Quel est l'effort réel d'économies prévu par le budget?

Le budget prévoit 54 milliards d'euros d'économies, dont 43 milliards de mesures nouvelles, mais une fois pris en compte le coût de la dette, qui augmentera de 12 milliards pour atteindre 91 milliards, l'effort réel retombe à 28 milliards.

Que dit le Haut Conseil des finances publiques sur le budget?

Il chiffre à 17 milliards d'euros les hausses d'impôts contre 11 milliards d'économies liées au gel budgétaire. Il juge plausible le scénario économique 2026, mais estime optimiste la croissance prévue pour 2027 et très peu vraisemblable le retour du déficit sous 3% du PIB en 2029.

Quelles conséquences pour les citoyens?

Le coût des emprunts de l'État pèse sur les finances publiques, donc sur les impôts et les services dont chacun dépend. L'absence de majorité au Parlement rend incertain le vote d'une trajectoire crédible, condition du financement futur des politiques publiques.

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